L’invasion allemande de Cambrai en août 1914

Le 25 août 1914, l’armée française désemparée se replie rapidement quittant ses positions de la Sambre et de la Meuse. L’armée française, à peine concentrée, est enfoncée et refoulée sur l’aile gauche par l’armée allemande du général Von Kluck qui la serre sur son flanc. Elle occupe Valenciennes, déborde sur Tournai et menace Cambrai. La 84° division territoriale lui est opposée pour ralentir son avance. C’est au massacre et à la capitulation qu’elle est vouée. Elle comprend 4 régiments d’infanterie : les 25°, 26°, 27° et 28° régiments d’infanterie territoriale et le 44° régiment d’artillerie territoriale. Le 26 août au matin, le 25ème régiment d’infanterie se trouvait entre les routes du Cateau et de Valenciennes, à cheval sur la route de Solesmes, chargé de défendre rue par rue la ville de Cambrai. Le 26° était à Ramillies puis le 27° et le 28°, plus à gauche, ont été bousculés violemment par les Allemands à Bouchain, Orchies et Tournai. Les Allemands attaquent la ville de Cambrai par les routes de Valenciennes, Solesmes et Naves. Des combats se livrent avenue Victor Hugo. La 12ème compagnie de la 28° division qui se trouve au Pont Michelet et Route du Cateau se replie sur la rue de Caudry. Dans des tranchées rapidement creusées, la compagnie résiste quelque temps aux Allemands aux prix de sacrifices énormes. D’autre part, des combats de rues acharnés se développent à la Porte Notre Dame, rue Sadi-Carnot et rue du Marché aux poissons. Sur la Grand Place, quelques territoriaux isolés du 25° régiment se défendent avec un courage admirable. L’un d’eux à l’entrée des rues Pasteur et de l’Arbre d’Or, tire sans discontinuer vers la rue Van der Burch où les Allemands débouchent venant de la Porte Notre Dame. Après chaque coup de feu, il se dissimule au bord de la rue des Linguières, mais il est obligé bientôt de battre en retraite. Un autre territorial à l’entrée de la rue de la Prison puis au coin de la rue de l’Arbre d’Or, tire sur les Allemands qui arrivent de la rue de la Herse. Froidement, posément, il épaule et vise. Il est seul. Sans arrêt il vise et tire lorsqu’une balle vient le frapper à la tête et l’abat. Rue Cantimpré, un combat tragique devait se livrer entre l’armée allemande et quelques territoriaux. Une barricade est dressée près du Canal. Dans l’estaminet Jean Bart, quelques braves se posent aux fenêtres, ils font subir de grosses pertes aux Allemands mais hélas, eux-mêmes, sont fauchés par les balles meurtrières d’une mitrailleuse allemande installée à l’estaminet Berquet. Les admirables territoriaux se couvrent de gloire mais ils doivent abandonner la place. Ainsi ils se replient vers le Boulevard de la Liberté et la route de Bapaume où la fusillade continue. Pendant ce temps, des combats se livrent rue de Péronne, rue de Paris et rue Pierre d’Ailly. Plus de 500 blessés territoriaux des 25° et 26° régiments furent soignés dans les hôpitaux de Cambrai. Malheureusement, beaucoup étaient mortellement atteints.

Furent enterrés au Cimetière de Cambrai :
- 60 soldats du 25° régiment d’infanterie.
- 17 soldats du 26° régiment d’infanterie.
- 4 soldats du 27° régiment d’infanterie.
- 2 soldats du 28° régiment d’infanterie.
- 1 soldat du 44° régiment d’infanterie.


C’est en souvenir de leur admirable sacrifice pour la défense de la ville de Cambrai et de la Patrie, que la municipalité de Cambrai a élevé le monument destiné à rappeler aux populations, l’héroïsme des soldats de la 84° division territoriale de Mayenne. Si le monument de l’ancienne Place aux Bois n’existe plus, les plaques commémoratives en bronze ont été placées de part et d’autres de l’escalier menant au jardin public, rue du Mal de Lattre de Tassigny.

Philippe Lafarge.

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